Ça y est. Je les ai eus, mes *deux fois 20 ans* comme me le disait avec tendresse ma petite sœur de jour. C’est joliment dit, bien sûr, mais dans les faits, le bilan est moins doublement ravissant que la fraîcheur des vingt ans! M’enfin… 

Si les signes de mon âge commencent à marquer nettement mon visage, j’ai tout de même remarqué de beaux avantages! 

Par exemple, j’ai décidé de me mettre au sport (ah, oui, c’est vrai, je veux me mettre au sport, j’avais presque oublié!).

 

Anecdote… 

Je motive donc ma petite troupe composée de mon footballeur en herbe et de ma rêveuse-bricoleuse pour aller fouler la piste finlandaise près de chez nous. Là est proposé un tableau pour tester notre *niveau de forme*! Mon gars part avec le défi de faire le plus de tours possibles dans le temps imparti, ma fille prétexte déjà qu’elle a un petit peu mal à la jambe et qu’elle va s’échauffer assise sur le banc pendant notre premier tour! Et moi, j’ai dit que j’y allais, alors… 

Nous courons donc bravement les 12 minutes-test et nous nous plantons devant le panneau de résultats encore bien essoufflés et assez dégoulinants. Et là, alors que je reporte mon nombre de tours aux résultats, je découvre, oh, merveille, que le barème s’allège dès 40 ans !! Je passe donc au niveau supérieur de la forme: *bonne*… pour mon âge! 

Je repars heureuse, encouragée, dans la fleur ouverte de mes *deux fois vingt ans*!

Idée reçue… 

On m’avait dit: *Tu verras, à 40 ans, on sait plus qui on est, c’est un âge merveilleux!*. Oui. Je suis d’accord avec cette phrase. Je sais plus ce que je suis et ce que je ne suis pas, ce qui me fait sourire et ce qui me blesse, ce que je veux vivre encore et ce que je ne veux plus vivre. Je sais ce qui m’apaise et ce qui m’agresse… je découvre mes forces et j’apprends à accueillir mes faiblesses et mes fragilités. 

Oui, c’est certainement vrai. Mais… (ah, ben oui il y a un *mais*, ce serait trop facile sinon!) je découvre aussi que si mes pas m’ont emmenée un peu plus loin sur le chemin, si aujourd’hui il y a des lieux de ma terre qui ont fleuri sous les soins profonds de mon Créateur et les eaux douces et chaudes des cœurs de mes proches, certains regards me gardent enfermée dans ce qu’ils *croient savoir* de moi au fil de la cueillette des années. Le couvercle est posé, l’étiquette est collée comme un cadenas scellé, le bocal rangé sur l’étagère… une marmelade faite d’on ne sait pas trop quoi, d’ailleurs, mais peu importe ! Et quand je me retrouve devant ce regard-bocal je me sens emprisonnée, enserrée, petite, bête et tout à la fois en colère, très en colère d’être là dans l’ombre d’une étiquette qui n’est pas la mienne, d’un goût que je ne suis pas et ne serai peut-être jamais. Je me vois comme enfermée dedans, à pousser les parois et criant sans que le son ne parvienne à sortir, étouffé par le couvercle. 

Lasse, je prends un temps à part dans un lieu de paix… 

Confidence…

Là une main se tend, prend le pot et le pose devant moi… je vois cette petite marionnette enfermée comme un insecte pris au piège, ses ailes blessées, épuisée de se battre pour se faire entendre, pour sortir du poids lourd des attentes de ces regards qui croient savoir… et là, le silence. 

Je tombe à genoux en prière dans mon bocal et le bocal bascule… et j’entends au travers des paroles d’Esaïe 54 *… Tu es battue par la tempête et personne ne te redonne de l’espoir. Moi, le Seigneur, je vais te rebâtir sur des pierres colorées !*… Toi, mon Seigneur, tu vas me rebâtir sur des pierres colorées … mes larmes coulent et se répandent comme un merci, comme le parfum de mon âme... Je respire, mes poumons se gonflent, et je sens mes ailes étendues d’insecte apeuré qui se réchauffent à cette Parole de Vie. J’ouvre les yeux, le couvercle est ouvert, je suis hors du bocal, je *suis* . Il n’y a plus qu’un seul regard posé sur moi, Celui de Jésus sur lequel je peux bâtir ma vie, par lequel je peux être libre d’être qui je suis, de danser mes mélodies et peindre mes couleurs sur l’horizon infini de Son Amour. 

Je suis Katia, j’ai 40 ans et Il vit en moi! Une première pierre colorée se pose, un rempart de joie.